Vous êtes ici : Accueil » Politique, Sommet de Copenhague 2009 » Le Sommet International de Copenhague : de la poudre aux yeux ?

Depuis lundi et jusqu’au 18 décembre prochain, se tient à Copenhague (Danemark) la conférence internationale sur le climat. Cette conférence se tient dans le cadre de la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques adoptée en 1992 à Rio de Janeiro.

La conférence de Copenhague retient l’attention de tous les acteurs internationaux, de part la médiatisation qui en a été faite, et aussi puisque les dirigeants du monde entier se pressent à Copenhague. Les enjeux annoncés à Copenhague sont colossaux. Les experts du GIEC (Groupe International d’Experts sur le Climat, sous égide de l’ONU) ont estimé qu’il fallait réduire les émissions de gaz à effet de serre (G.E.S) de 40 % en 2020 par rapport au niveau de 1990.

La pression exercée par nombre d’associations internationales (dont les 11 signataires initiaux de l’Ultimatum Climatique : http://www.copenhague-2009.com/) afin de faire du Sommet de Copenhague une réussite pas uniquement d’un point de vue du nombre de chefs d’Etats ou de Gouvernements présents, mais bien parce que des objectifs ambitieux chiffrés auront été pris lors de cette conférence.

L’Union Européenne (U.E) qui négocie désormais les traités internationaux d’une même voix (bien qu’il faille les 27 voix pour porter cette voix unique) s’est déclarée assez rapidement comme étant prête à réduire ses émissions de G.E.S. de 20%. Cela étant, il s’avère qu’il semble que ce soit déjà bien insuffisant eut égard des recommandations du GIEC. Malgré cette insuffisance, l’U.E semble être un des bons élèves en matière d’annonce chiffrée. Ni les USA, ni la Chine, ni l’Inde, ni la Russie etc… ne veulent annoncer à l’avance les efforts qu’ils sont prêts à consentir.

Les pays dit « développés » refusent d’être les seuls à consentir des efforts. Ils estiment que l’essor de la Chine, de l’Inde ou encore du Brésil est également intrinsèquement lié à une augmentation des émissions de G.E.S dans l’atmosphère. Ce qui, considérant une responsabilité de l’Homme dans le dérèglement climatique, n’est pas absurde comme raisonnement.

Bien souvent rien ne se négocie gratuitement, si un protagoniste obtient une avancée de la part d’un autre, c’est qu’il aura promis autre chose en retour. L’idée d’une supériorité de la cause n’est pas encore présente.

Cela risque de compromettre la réussite de ce sommet à partir du moment où les différents protagonistes bien que pressés par leur opinion publique et par des groupes de pressions, ne s’accorderaient pas sur un plan de réduction drastique des émissions. On ne pourra que constater la faillite une nouvelle fois de ces grandes conférences internationales qui ne sont en quelque sorte que de la poudre aux yeux : une sorte de réunion mondaine entre chefs d’Etats ou au contraire une véritable prise de conscience de l’importance des effets climatiques ?

Crédits photo : Roger Crampi

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